En route vers la sobriété énergétique ?

Pressé par la réduction des approvisionnements due à la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le gouvernement français souhaite engager l’ensemble de la société vers des économies d’énergie.

« Nous appelons à une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun d’entre nous change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers ». Non, ces mots imprimés dans le Journal du Dimanche le 26 juin dernier ne sont pas tirés de la bouche d’un activiste pour le climat, encore moins d’un scientifique. Le triumvirat qui signe en bas de page a d’ailleurs de quoi faire tiquer : Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, et Catherine MacGregor, directrice générale d’Engie. Le 3 juillet, 84 dirigeants d’entreprise leur enjoignaient le pas dans une nouvelle tribune parue dans le JDD, appelant à faire de « la sobriété énergétique un choix collectif ». Prise de conscience ou annonce en trompe-l’œil ?

La France au pied du mur

En fait, les inquiétudes du trio d’énergéticiens entrent en écho avec celles du gouvernement, et de l’Europe toute entière. Au premier plan : la crainte de devoir affronter des pénuries d’énergie l’hiver prochain. Dans ce contexte tendu, la centrale à charbon de Saint-Avold, en Moselle, devrait d’ailleurs redémarrer en fin d’année « à titre conservatoire, compte tenu de la situation ukrainienne » et des tensions sur le marché de l’énergie. Fin juin, les 27 ministres européens de l’énergie ont annoncé un plan de sobriété énergétique englobant particuliers, entreprises et grandes surfaces. Mais ce plan est destiné à s’ajuster en fonction de chaque pays.

C’est donc le nouveau pari du gouvernement, annoncé au début de l’été : réduire la consommation d’énergie en France de 10% d’ici deux ans par rapport à 2019. Et le défi est de taille : le 30 juin dernier, le Haut Conseil pour le Climat pointait du doigt le manque de réactivité de la France face à l’urgence climatique, lui reprochant notamment de ne pas parvenir à mettre en place une planification efficace. Pour le Conseil, les financements sont encore aujourd’hui inadaptés pour les rénovations énergétiques globales, l’accompagnement erratique de l’éradication des passoires thermiques, ou encore le déploiement des énergies renouvelables.

Une feuille de route encore floue

Si l’objectif est clair, le chemin pour y parvenir ne ressemble pour le moment qu’à une esquisse. Le mercredi 29 juin, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher rencontrait les acteurs de la fonction publique autour du ministre Stanislas Guerini. Deux jours plus tard, elle accueillait les partenaires sociaux vendredi, autour du ministre du Travail, Olivier Dussopt. L’objectif était alors de fixer des feuilles de routes pour l’Etat, les administrations et les grandes entreprises afin de lancer dès cet été des mesures d’économie d’énergie.

Un projet qui n’est pas sans rappeler les initiatives prises lors des chocs pétroliers dans les années 1970. En 1973 et 1979, la population avait été invitée à opérer des efforts drastiques au quotidien. Illustrée par un bonhomme rose avec un gros ventre et une tête prolongée d’un entonnoir, la « chasse au gaspi » et ses limitations de vitesse partout dans l’hexagone avaient permis d’économiser 225 000 tonnes de pétrole sur la seule année de 1979. Toujours pour les particuliers, on a pu aussi évoquer la piste de logements plus petits et plus faciles à chauffer.

En France, on n'a toujours pas de pétrole, mais on n'a pas beaucoup ...

La France pourrait aussi s’inspirer de ses voisins européens, ou plus lointains. En Allemagne, le plus grand consommateur européen, et le plus dépendant du gaz russe, l’Etat a mis en place des trains à moindre coût pour éviter de prendre la voiture. Dans les bureaux des services publics, le climatiseur se déclenche désormais à 26 °C au lieu de 22 °C. Au Danemark, la moitié des 400 000 foyers du pays qui se chauffent actuellement au gaz basculeront vers un raccordement au chauffage urbain ou vers les pompes à chaleur fonctionnant à l’électricité d’ici à 2028. À long terme, le gouvernement veut également multiplier par quatre sa production d’énergie solaire et éolienne d’ici à 2030.

Face aux entreprises, un ton encore (trop) conciliant ?

A noter cependant : Agnès Pannier-Runacher, a affirmé au sein du groupe de travail sur la sobriété énergétique des entreprises ne pas chercher à être « prescriptive. »  Autrement dit, « le gouvernement ne se met pas dans une position où on vous dit ce qu’il faut faire » a-t-elle ensuite précisé aux entreprises et aux syndicats. Un ton peu contraignant qui se rapproche de celui d’Emmanuel Macron à Belfort le 10 février dernier. Evoquant la sobriété énergétique, le Président de la République affirmait : « Il nous faut changer de modèle en continuant à produire, ne pas priver nos jeunes et nos enfants de ce que toutes les générations d’avant ont eu le droit de consommer. »

Dans ce domaine, la ministre appelle toutefois à faire des efforts sur les déplacements (par exemple les trajets entre le domicile et le travail), la gestion des locaux (températures, éclairages…) ainsi que l’organisation de l’entreprise (télétravail, horaires décalés…)

Le gouvernement donne aux partenaires sociaux et fédérations professionnelles jusqu’à septembre pour proposer « des recommandations simples et opérationnelles » en faveur de la « sobriété ».

Être plus prescriptif aujourd’hui pourrait cependant nous éviter de devoir rationner cet hiver. Face à cette réalité, Déclic appelle le gouvernement  à prendre la situation en main afin de nous mener vers une société durable plutôt que nous maintenir dans des solutions non curatives et temporaires. 

Nos propositions pour repenser notre système énergétique :

  • Orienter les citoyens et les villes vers une consommation d’énergie responsable, pour agir sur la demande à travers la promotion de la sobriété et l’efficacité énergétique. Plus d’infos ici
  • Promouvoir le développement de la production d’énergie renouvelable citoyenne, afin de développer une stratégie nationale et un cadre réglementaire favorables aux projets d’énergie renouvelable citoyens et participatifs. Plus d’infos ici
  • Programmer la sortie propre des chaudières au fioul Pour réduire l’impact environnemental du chauffage en France. Plus d’infos ici
  • Créer le label « Faible Intensité Carbone » pour les biens de consommation Pour récompenser les entreprises respectant un seuil d’émissions dans le processus de production, leur offrant ainsi un avantage commercial. Plus d’infos ici
  • Répartir équitablement les revenus des Mesures d’Ajustement Carbone européennes Pour conditionner la réduction des fuites de carbone au principe de responsabilité commune mais différenciée. Plus d’infos ici

Vous reprendrez bien un peu de CDB ?

Maintes fois repoussée dans le récent contexte de pandémie, la Convention des Nations Unies sur la Diversité Biologique se réunira finalement cet automne, en Chine. Alors que les effets du réchauffement climatique vont crescendo, les pays vont devoir négocier des objectifs de plus en plus forts.

« Si la CDB était un être vivant, je pense qu’elle serait un jeune homme naïf. D’abord, parce que je ne tiens pas à rallier la notion de naïveté à la femme. Ensuite, parce que c’est une Convention pleine de bonnes intentions, mais qui, sur le terrain, rencontre un grand nombre de points de frictions. »  Ces mots sont ceux de Christophe Albarran, co-directeur de l’Agence régionale de la biodiversité Nouvelle-Aquitaine. Le 2 juin dernier, dans le Grand Amphithéâtre de la Maison de l’Océan à Paris, la CDB en prend pour son grade. Organisée par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité (FRB) à l’occasion de la prochaine rencontre de la Convention, chercheurs et professeurs débattent : la Convention sur la Diversité Biologique peut-elle vraiment sauver la biodiversité ?  

La CDB, Kezako ?

On vous a vus venir : malheureusement, nous n’allons pas vous proposer de découvrir aujourd’hui une nouvelle substance ou plante délicieusement psychotique. La CDB, la Convention sur la Diversité Biologique, est un traité créé en 1992, au moment du Sommet de Rio. Son rôle : développer des stratégies nationales pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique. Peu connu du grand public, il s’agit pourtant d’un document important. Pour la première fois, le droit international reconnaît que la diversité biologique est une préoccupation commune pour l’ensemble de l’humanité.

Depuis sa création, le CDB a permis de nombreuses avancées dans le cadre du développement durable. En 2004, à Kuala-Lumpur, elle insiste sur l’importance de protéger la biodiversité dite « ordinaire », c’est-à-dire l’ensemble des espèces abondantes dans un écosystème. En 2006, à Curitiba, elle recommande de rendre obligatoire l’évaluation d’impact sur l’environnement pour « les activités dans les corridors écologiques identifiés comme importants pour les processus écologiques ou évolutifs ». En 2010, à Nagoya, la CDB crée la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), une interface importante qui a pour mission d’assister les gouvernements et de renforcer les moyens des pays émergents sur les questions de biodiversité. C’est un peu le « GIEC de la biodiversité. »

« Vivre en harmonie avec la nature d’ici 2050 »

La Conférence des Nations Unies sur la biodiversité devait initialement se tenir du 15 au 28 octobre 2020 à Kunming, en Chine, mais a été reportée plusieurs fois en raison de la pandémie de COVID-19. Finalement, elle se déroulera en deux phases : la première, virtuelle, a eu lieu du 11 au 15 octobre 2021. La seconde sera une réunion en présentiel à Kunming en automne 2022.

Et le défi qui attend la CDB cette année est grand : il s’agit de mettre en place un nouveau Cadre mondial de la biodiversité pour l’après 2020, dans le but de « vivre en harmonie avec la nature d’ici 2050. » Pour cela, quatre grands volets seront discutés :

  • Maintenir et restaurer les écosystèmes – c’est-à-dire non seulement les espèces animales et végétales, mais aussi leur habitat de façon plus large ;
  • Mettre en valeur les contributions de la nature aux humains (pollinisation, purification de l’eau, fertilité des sols…)
  • Partager les avantages issus des ressources génétiques naturelles ;
  • Définir les actions pour atteindre les trois objectifs précédents.

Parmi ses objectifs phares : intégrer le grand public dans la gouvernance de la biodiversité, notamment « les différentes visions du monde, en particulier celles des peuples autochtones et des communautés locales », mais aussi les femmes. Un outil qui n’est pas sans faire écho au dernier rapport du GIEC.

Faut-il limiter la place de l’humain ?

Dans ce nouveau Cadre mondial sur la biodiversité, une piste en particulier retient l’attention des scientifiques : la stratégie 30×30. Celle-ci vise à atteindre 30 % d’espaces protégés sur la planète, sur la terre comme dans les océans, grâce à la mise en place d’aires protégées efficaces. Cette mesure fait débat parmi les experts et scientifiques car elle pose la question de la place des humains dans ces zones. Afin de protéger au mieux la biodiversité, faut-il mettre en place une protection intégrale, c’est-à-dire interdire des zones entières aux humains, ou doit-on maintenir des espèces sauvages dans des aires d’exploitation humaine ? Le 2 juin dernier, la revue Sciences estimait que la surface minimale de territoire nécessitant une attention particulière pour sauvegarder la biodiversité était d’au moins 64 millions de kilomètres carrés. Cela représente pas moins de 44% de la surface terrestre et 1.8 milliard de personnes.

Si le débat est épineux, le reste du programme ne l’est pas moins. L’automne prochain, la CDB a par exemple prévu de réfléchir aux manières de réduire de moitié au moins les nutriments perdus dans l’environnement et de deux tiers au moins les pesticides, et éliminer les rejets de déchets plastiques, ou encore d’augmenter de 200 milliards de dollars des flux financiers internationaux, toutes sources confondues, vers les pays en développement.

Le plus gros enjeu, de taille, sera de parvenir à porter ce projet sans cadre contraignant ni dispositif de contrôle. C’est là l’un des plus gros défauts de la CDB qui ne prévoit aucune sanction en cas de non-respect des mesures. Preuve en est que jusqu’à présent, peu des objectifs proposés par la CDB ont été respectés. En 2010, 196 pays membres ont adopté les objectifs d’Aichi pour la biodiversité qui comprenaient 20 éléments, tels que la sensibilisation à l’importance de la biodiversité, la suppression des incitations et des subventions nuisibles à la biodiversité, la production et la consommation durables. Mais selon un rapport des Nations Unies sur les perspectives mondiales de la biodiversité publié en 2020, les pays n’ont pas atteint plusieurs des objectifs d’Aichi en matière de biodiversité entre 2011 et 2020. Malgré des progrès dans certains domaines, un grand nombre d’espèces restent menacées d’extinction et les subventions nuisibles à l’environnement fournies par les gouvernements, qui représentent plus de 500 milliards de dollars, n’ont pas pris fin.

Bref, cet automne, ça va chauffer à Kunming !

Vous pouvez retrouver le premier projet de cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 ici. Pour revivre la journée FRB 2022, par .

Nos propositions pour préserver la biodiversité 

  • Instaurer un nouveau label d’Aire Marine Protégée à gestion Éducative et Locale (AMPEL), pour améliorer l’efficacité des Aires Marines Protégées. La proposition complète ici
  • Inscrire la Nature dans les programmes scolaires : faire évoluer les programmes scolaires afin de renforcer les contacts avec l’environnement naturel proche de l’établissement scolaire. La proposition complète ici
  • Améliorer la qualité de l’eau des rivières françaises, pour diminuer la concentration de substances produites par les épandages agricoles dans l’eau. La proposition complète ici
  • Mettre en place un label contraignant pour la biodiversité, afin d’assurer une protection effective et de long terme des zones naturelles remarquables. La proposition complète ici
  • Organiser la transition écologique des stations de ski, pour sauver les stations de moyenne montagne tout en protégeant l’environnement. La proposition complète ici

« On veut apporter du désirable dans l’écologie de l’alimentation »

Ce week-end a lieu en Haute-Garonne le festival Vezania. Parmi les participants, l’association Eloquence de la main. Créée par deux jeunes designers, Alban et Antoine, elle se donne pour mission de mettre l’approche design au service de l’innovation sociale et environnementale. Cette année, ils se sont posé cette question : comment corriger les inégalités dans l’assiette ? Rencontre avec l’un des fondateurs du projet.

Pourquoi avoir voulu participer à ce festival ?

A l’origine, on a décidé de participer parce que plusieurs de nos proches vont y jouer de la musique. Pour nous, c’est aussi l’occasion de rencontrer d’autres jeunes pour parler de ces enjeux, de créer une sorte d’exposition et des outils de dialogues pour voir comment ces projets font écho avec leur propre expérience. Qu’est-ce qu’ils ont à proposer ? Comment ils souhaitent s’engager ?

Pourquoi s’être penchés cette année sur la thématique de l’alimentation ?

Quand nous avons créé l’association en 2021, l’idée était de partir en Asie du Sud pour étudier les rapports entre la production et l’industrie. Ce projet a dû être reporté à cause du covid. Cette année, on s’est intéressé à un sujet majeur de la consommation. C’est un peu le sujet idéal pour venir discuter avec les gens de leur rapport à la consommation, au vivant, à la planète. L’alimentation, c’est ce qui ancre le plus au quotidien notre rapport au monde. La question était, en tant que designers, comment on pouvait réfléchir à cette problématique en apportant du désirable à la réflexion. Comment s’inscrire différemment dans l’écologie de l’alimentation ?

Globalement, l’écologie est un sujet qui touche surtout les classes moyennes aisées. C’est un sujet qui n’arrive pas à concerner les classes populaires. Il suffit de voir les campagnes de sensibilisation, souvent mal formulées, mal préparées. La vulgarisation autour de l’alimentation, avec ces slogans que tout le monde connaît comme « mangez équilibré » ou « mangez bio », ça ne touche pas tout le monde. Et pour nous, la réponse à donner face à ça, c’est de repenser avec les gens comment l’écologie, cette notion beaucoup trop vaste, fait sens au quotidien.

Que va-t-on trouver sur votre stand lors du festival ?

Notre présentation s’inscrit en deux temps. Il y aura d’abord une partie exposition, où on parlera du rapport entre écologie et classes populaires (comment l’écologie ne parvient pas à les atteindre), des inégalités dans l’alimentation, et de la culture des classes populaires, en voyant par exemple comment la culture se forme aujourd’hui dans les banlieues. Dans un deuxième temps, on organisera un atelier de réflexion pour voir ce que le public a compris, quelles sont leurs réactions, qu’est-ce qu’on peut créer ensemble comme messages, comme idées…

Vous parlez d’imaginer un dispositif d’alimentation populaire qui permettrait de rapprocher les quartiers de l’agroécologie et qui favoriserait les « actions concrètes ». Vous pensez à quoi par exemple ?

Ça fait six mois qu’on bosse sur le sujet à fond ! Aujourd’hui, on a les banlieues, la classe ouvrière et la paysannerie qui souffrent de ces inégalités alimentaires, aussi bien en tant que producteurs qu’en tant que consommateurs. C’est encore difficile pour eux de comprendre l’impact de la consommation individuelle. Les consommateurs ne se rendent pas compte qu’en favorisant une certaine forme d’alimentation, ils vont indirectement augmenter ces inégalités. Il faut rapprocher ces agriculteurs en transition avec les classes populaires. Comment favoriser l’accès pour les classes populaires à l’agroécologie ? Comment avec l’existant, on peut déjà beaucoup mieux manger en choisissant ce qu’on achète ?

Aujourd’hui, beaucoup d’organisations, d’associations, s’intéressent à ces thématiques d’alimentation durable populaire. Est-ce un sujet qui prend de l’ampleur ?

Oui, on a par exemple participé à une distribution avec Vrac (Vers un réseau d’achat en commun) à Paris, pour voir comment ça fonctionnait, à qui ça parlait, comment ils communiquaient… Par rapport à l’ampleur de ces enjeux, des décisions prises par le gouvernement, peut-être que ce sujet prend plus de place, mais ce n’est pas suffisant. La majorité des gens n’ont pas une posture assez éclairée sur ces sujets-là. Je pense notamment aux restrictions par rapport à l’usage des pesticides, aux choix qui favorisent, ou non, une agriculture bio. Je ne pourrais pas dire que ça émerge à une échelle satisfaisante.

« L’écologie sans luttes sociales, c’est du jardinage ».  L’écologie et la lutte des classes, on en parle de plus en plus ou c’est aussi un trompe l’œil ?

Non, ça parle surtout aux personnes qui sont déjà dans cette « bulle ». Sortie du contexte, je ne sais pas d’ailleurs si la phrase parle vraiment. C’est une phrase profondément vraie, mais elle ne fera sens que si elle est prise dans l’autre sens : on part des classes populaires pour aller vers l’écologie. On change de porte-parole.

Est-ce comme cela que vous abordez le sujet avec votre association ?

Oui, on s’oriente sur ces sujets-là. La posture qu’on va prendre, ce n’est pas faire « pour » les gens, mais faire « avec » les gens. On ne veut pas se transformer en porteurs du projet, mais essayer de trouver des personnes plus légitimes à le faire, comme des habitants par exemple. Comment, en tant que très jeunes designers pas encore diplômés, des designers qui n’ont pas encore bossé pendant dix ans dans une grosse structure, on peut apporter ce regard-là ? Comment le design peut se réinventer pour imaginer des futurs désirables ?

Qu’attendez-vous de cet événement ?

C’est la première fois qu’on va venir réfléchir avec des jeunes d’autres milieux. Ça m’intéresse de voir la manière dont ça va concerner les gens. J’ai avant tout une attente de sensibilisation. On va discuter pour sensibiliser, partager autour de ce sujet-là, qu’ils soient davantage portés sur la table. Comment ça fait sens pour les gens, la manière dont on propose de rapprocher des projets des luttes sociales.

Vous pouvez retrouver Eloquence de la main et leur stand Juste Frais au festival Vezania, du 27 au 29 mai 2022, dans la commune de Gorre en Haute-Vienne. Toutes les informations sont ici. Vous pouvez suivre l’avancée de leur projet sur leurs réseaux sociaux.

Et à Déclic, on propose quoi ?

Comme le rappelle Eloquence de la main, « alors qu’il faut nourrir une population qui devrait atteindre 9 à 10 milliards d’êtres humains vers 2050, les systèmes alimentaires qui se sont développés dans les pays occidentaux au XXe siècle, ne sont pas durables en termes de consommation de ressources naturelles, d’impacts sur le climat et sur la biodiversité. » Aujourd’hui, les classes les plus pauvres sont les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre mais sont aussi ceux qui en subissent le plus les conséquences.

Pour lutter contre les inégalités dans l’assiette et rendre plus accessible une alimentation durable pour tous, Déclic propose notamment d’instaurer une sécurité sociale de l’alimentation afin de promouvoir une véritable solidarité alimentaire. On vous dit tout ici !

Pour aller plus loin sur l’alimentation durable et les classes populaires : 

  • Charlie Brocard, Mathieu Saujot, Laura Brimont (Iddri), Sophie Dubuisson-Quellier (SciencesPo-CNRS, Iddri), « Pratiques alimentaires durables : un autre regard sur et avec les personnes modestes », par là
  • Elisabeth Lagasse, « Réseaux alimentaires alternatifs : élitisme ou émancipation ? » par là
  • Livre Blanc « Pour un accès à tous à une alimentation de qualité » par là

Le réchauffement climatique passe à table                                                       

Cynthia Rosenzweig a remporté le prix mondial de l’alimentation 2022. Depuis plusieurs années, cette chercheuse de la NASA s’intéressait aux interactions entre la crise climatique et la production alimentaire.

C’est un prix peu médiatisé, pourtant créé par le prix Nobel de la paix 1970, l’agronome américain Norman Borlaug. Son objectif : récompenser toutes les contributions destinées à améliorer l’alimentation mondiale, et ce dans tous les domaines. Cette année, le prix est revenu à l’Américaine Cynthia Rosenzweig pour ses travaux sur les conséquences de notre assiette sur le réchauffement de la planète. Pour elle, un seul mot d’ordre : changer notre alimentation pour lutter contre la crise climatique.

Des conséquences extrêmes sur l’alimentation

Mai 2022. Alors qu’en France, le thermomètre ne cesse de monter, l’ONU alerte sur la situation en Éthiopie. La région de la corne africaine vit actuellement sa pire sécheresse jamais vécue, menaçant de famine plus de 20 millions de personnes. Si la sécheresse va progressivement toucher le globe tout entier, l’Afrique est aujourd’hui le continent le plus menacé par cette situation. Cet exemple illustre parfaitement les recherches menées par Cynthia Rosenzweig : en changeant le cycle de l’eau dans un certain nombre de régions agricoles, le réchauffement climatique ne cesse de réduire la production alimentaire. D’après ses modélisations, d’ici 2030, la production agricole en Afrique pourrait chuter de 20 à 40%… voire plus.

Cela sans compter sur les baisses de rendement : plus la température est élevée, plus les cultures poussent vite, moins elles ont de temps pour produire des grains. Un cas qui se multiplie en même temps que les événements extrêmes, notamment les canicules.

Revoir nos moyens de production…

Le Prix mondial de l’alimentation a particulièrement retenu un projet phare de la chercheuse : le projet d’intercomparaison et d’amélioration des modèles agricoles (AgMIP). Cette organisation attire des scientifiques du monde entier, de disciplines variées, pour faire progresser les méthodes d’amélioration des prévisions de la performance future des systèmes agricoles et alimentaires à mesure que le climat mondial évolue.

D’après les travaux de Rosenzweig, les systèmes agroalimentaires mondiaux créent près d’un tiers du total mondial des gaz à effet de serre émis par l’activité humaine. Elle pointe notamment du doigt le défrichement des forêts opéré pour les terres agricoles qui libère du dioxyde de carbone, le labour des champs qui oxyde le carbone, le méthane libéré par le bétail ou encore l’utilisation d’engrais qui lâche de l’oxyde nitreux dans l’atmosphère. Face à ces constats, AgMIP a développé de nombreux programmes d’adaptation. Ceux-ci incluent par exemple l’utilisation de semences plus résistantes à la sécheresse, de meilleures pratiques de gestion de l’eau, avec par exemple l’irrigation au goutte-à-goutte… Au Bangladesh, le groupe travaille avec des riziculteurs pour développer de nouvelles pratiques de gestion des rizières afin de réduire la libération importante de méthane produit par le processus existant.

Et notre alimentation

Dans des parties du monde, un certain nombre de personnes n’ont pas le choix en matière d’alimentation. C’est donc principalement en Occident, dans les pays développés, que nos habitudes doivent se transformer, en diminuant par exemple notre consommation de viande et de lait, dont les émissions liées à l’élevage sont élevées. À titre d’exemple, il faut 15 000 litres d’eau pour produire un kilo de bœuf, 6 000 litres par kilo de porc, 4 000 par kilo de poulet. À l’inverse, il suffit en moyenne d’1 600 litres pour un kilo de céréales.

Enfin, il est primordial selon la chercheuse de réduire le gaspillage alimentaire : dans le monde, environ un tiers de la nourriture produite est perdue ou gâchée.

Plus de 160 millions de personnes dans le monde ont connu l’insécurité alimentaire en 2021, une augmentation de 19 % par rapport à l’année précédente. Une conséquence directe du réchauffement climatique. Une chose est sûre : pour assurer la sécurité alimentaire du plus grand nombre et diminuer les effets du changement climatique, notre système alimentaire doit aujourd’hui être transformé.

Nos propositions pour améliorer notre alimentation

  • Développer un Plan Protéines Végétales Européen : pour lutter contre la déforestation importée et diminuer la part carnée des régimes alimentaires européens. La proposition complète ici
  • Instaurer des Agences de l’alimentation sur l’ensemble du territoire national : pour structurer la gouvernance alimentaire française. La proposition complète ici
  • Inscrire le droit à l’alimentation durable dans le droit français : pour mettre en conformité le droit français avec les engagements internationaux de la France. La proposition complète ici
  • Instaurer une Sécurité sociale de l’alimentation : pour promouvoir une véritable solidarité alimentaire. La proposition complète ici
  • Instaurer un Service National pour une Agriculture Durable (SNAD) : pour sensibiliser à la production et à l’alimentation durables. La proposition complète ici

Pour découvrir l’ensemble de nos propositions Agriculture et Alimentation, par ici !

Un Déclic responsable pour Noël

Noël peut être magique, mais c’est aussi une période qui a un gros coût à la fois environnemental et financier pour les français. En effet, le temps des Fêtes peut rapidement devenir le paradis de la surconsommation et du gaspillage si l’on n’y fait pas attention.

Chaque année, près de 7 millions d’arbres de Noël (naturels et artificiels) sont achetés en France, 20 000 tonnes de papier cadeau sont vendues (soit le poids de 2 Tours Eiffel), et un consommateur français dépense en moyenne 570 euros pour cette fête de fin d’année dont 350 euros pour les cadeaux.

Dans cet article nous allons faire un tour d’horizon sur les habitudes et conseils pour faire la différence, et rendre vos traditions de Noël un peu plus vertes et éco-responsables cette année !

Côté sapin

Si vous souhaitez un sapin traditionnel, il vous faut privilégier le sapin naturel et local. Côté empreinte écologique, il est beaucoup moins dommageable de faire pousser des sapins pour ensuite les abattre que de produire le plastique nécessaire à la fabrication d’un sapin artificiel. En effet, d’après une enquête Ellipsos, en analysant leurs cycles de vie respectifs, le sapin naturel dégage 3,1 kg de CO2 contre 8,1 kg de CO2 (de la production au transport…) pour le sapin artificiel. Par ailleurs, selon l’ADEME afin que le sapin artificiel ait un impact environnemental moindre il faudrait le garder au moins 20 ans, alors qu’en moyenne les Français ne le garde que 3 ans. Le sapin en pot est également une très bonne option (loué ou acheté) car il permet ensuite d’être replanté !

Vous pouvez aussi opter pour un sapin non traditionnel. Il existe de nombreuses formes et modèles de sapin en bois, muraux, à suspendre … vous pouvez aussi choisir de réaliser votre propre sapin à moindre coût, en DIY à partir de récup’, et passer en même temps un bon moment créatif. Qu’il soit en bois, composé de livres ou même ayant pour base une échelle, votre seule limite sera votre imagination.

Pour ce qui est de la décoration, avec Déclic on mise à fond sur le DIY, une option originale, authentique, unique, personnalisée, et responsable. Et pour l’inspiration, rien de plus simple, vous pourrez trouver de nombreuses idées de décoration sur Internet (couronne, guirlande, photophore …).

Côté cadeaux

Les deux meilleures options sont de faire ses cadeaux soi-même ou d’acheter made in France. Vous pouvez aussi penser aux cadeaux solidaires pour soutenir une belle cause ou miser sur les cadeaux immatériels (des places pour un concert, un dîner au restaurant, une entrée au musée ou à la ferme pour les enfants …) qui feront tout autant plaisir.

Pour les enfants vous pouvez regarder les cadeaux faits en France, les jeux pédagogiques et jouets en bois (souvent de meilleure qualité et qui durent plus longtemps), voire des cadeaux artisanaux. Si vous avez l’habitude de bricoler, vous avez aussi la possibilité de les faire vous-mêmes. Le DIY reste la meilleure idée pour offrir quelque chose d’original et personnel (par exemple un joli pull ou à un kit pour faire des cookies, …).

Pour emballer les cadeaux, il faut élargir son champ des possibles ! Utilisez vos vieilles chutes de (jolis) tissus, réutilisez vos bocaux canons et méga tendance, amusez-vous avec le papier kraft recyclable ou le papier glacé des magazines… Le rendu final ne dépend que de votre capacité à imaginer et créer de beaux emballages cadeau DIY ! Vous pouvez aussi vous replier sur la méthode du Furoshiki ou « l’origami du tissu » pour épater votre entourage avec un super emballage. Avec cette méthode, fini le papier, vive le tissu recyclé !

Maintenant c’est à vous de jouer pour passer un Noël plus respectueux de l’environnement et passer de belles fêtes de fin d’année !

Retrouvez plein d’idées de pliages et de modèles de tissus sur Paké.

COP26 : Le bilan

La Conférence des Parties (COP), sommet de la lutte contre le changement climatique, réunit chaque année les dirigeant.e.s du monde entier. La 26ème édition s’est tenue du 31 octobre au 13 novembre à Glasgow et après 2 semaines de débats, les 196 pays réunis ont trouvé un accord.

Les enjeux de cette COP26 : 

  • Honorer l’Accord de Paris (issu de la COP21) qui vise à limiter la hausse de la température à +1,5°C d’ici 2100, en présentant des contributions déterminées au niveau national (NDC) plus ambitieuses pour le climat ;
  • Rendre opérationnel les règles d’application de l’Accord de Paris comme l’article 6 et les marchés carbone (mécanismes d’échanges de réduction des émissions entre pays) ;
  • Agir urgemment dès la décennie 2020-2030, afin de limiter les effets néfastes prévus dans le dernier rapport du GIEC, dont la première partie est sortie il y a 3 mois ;
  • Mobiliser des ressources financières suffisantes pour les pays en développement et les plus impactés par le réchauffement climatique, de la part des pays développés et responsables historiques du réchauffement en cours : 100 milliards de dollars par an ont été promis entre 2020 et 2025.

Quelques avancées …

150 pays ont rehaussé leurs ambitions en matière de lutte contre le changement climatique et ont proposé de nouvelles avancées, souvent en marge de la COP dans le cadre d’engagements de groupes de pays. Parmi elles : 

1 – La fin du financement public des énergies fossiles à l’étranger dès 2022 : une trentaine de pays et institutions se sont engagés à ne plus financer de projets d’énergies fossiles à l’étranger dès 2022, mais uniquement lorsqu’ils ne présentent pas de techniques de capture du carbone. Une douzaine de pays, dont la France, ont souscrit dans la même lignée à l’alliance « Beyond Oil & Gas », initiée par le Danemark et le Costa Rica pour accélérer l’abandon progressif de la production de combustibles fossiles en fixant une échéance non fixée pour le moment.

2 – Une coalition contre la déforestation : Plus de 100 pays dont le Brésil, le Canada, la France ou encore la Russie se sont engagés à mettre fin à la déforestation d’ici 2030.  Les pays signataires de cet engagement abritent 85% des forêts du monde, dont la forêt amazonienne.  

3 – La réduction des émissions de méthane : Après le CO2, le méthane est le deuxième gaz à effet de serre lié à l’activité humaine. Une centaine de pays se sont mis d’accord sur le “pacte global pour le méthane” qui prévoit une réduction d’au moins 30% de leurs émissions de méthane d’ici 2030 par rapport à 2020. Il s’agit du tout premier accord de ce type et il a été signé par l’UE, les États Unis ou encore le Japon, entre autres, mais pas par la Russie, la Chine et l’Inde, les trois plus gros émetteurs de ce gaz à effet de serre.

4 – L’abandon du charbon, d’ici 2040 : Environ 40 pays ont signé la “Déclaration mondiale sur la transition du charbon à l’énergie propre” qui consiste à arrêter de financer de nouvelles centrales charbon et à accélérer le déploiement des énergies renouvelables. Quelques-uns des plus gros consommateurs mondiaux sont d’ailleurs signataires : le Canada, l’Ukraine, le Chili ou encore la Pologne.

… et beaucoup de déceptions

Mais ces nouvelles annonces cachent bien des déceptions. Par exemple : 

  • Dans le cadre de la coalition sur l’abandon du charbon, les plus gros consommateurs manquent à l’appel : les États Unis, la Chine, L’Inde, le Japon ou encore l’Australie. 
  • Certains pays figurant parmi les premiers émetteurs de méthane, comme la Chine, la Russie et l’Inde, n’ont pas signé le “pacte global pour le méthane”.

La question d’aide financière aux pays les plus pauvres pour réduire leurs émissions et faire face aux conséquences du dérèglement climatique n’a pas non plus été résolue, ce qui rend l’atteinte des 100 milliards de dollars par an très incertaine… Et la demande d’un fonds spécial de réparation des pertes et dommages a été refusée.

Bien que l’accord de Glasgow appelle les États à accélérer leurs efforts et relever leurs engagements de réduction dès 2022, il offre la possibilité d’aménagements pour des “circonstances nationales particulières”. Les annonces d’objectifs “net zéro” de long terme sans stratégie réelle et le manque d’actions concrètes dès cette décennie montrent qu’il reste beaucoup à faire.

Initialement prévu pour vendredi 12, le texte final n’a pas vu le jour avant le samedi 13 novembre tant les dirigeant.e.s avaient du mal à trouver un accord. 

Et alors que le projet de texte visait d’abord à “accélérer la sortie du charbon et des subventions aux énergies fossiles”, le texte a été modifié dans les dernières minutes sous la pression de la Chine, l’Inde et l’Arabie Saoudite. Le mot “sortie” a été remplacé par “réduction”. Notons tout de même que c’est la première fois qu’un texte issu d’une COP mentionne les énergies fossiles, bien que très timidement.

Les larmes aux yeux, Alok Sharma (le président de cette conférence sur le climat) s’est lui-même dit “profondément désolé” de la version finale de l’accord de Glasgow.

Un bilan insuffisant

Malgré ces nouveaux engagements, l’accord de Glasgow est bien en-deçà des attentes et de l’urgence climatique ! Même si l’objectif de limiter la hausse de la température à 1,5°C est maintenu, les moyens pour y parvenir sont insuffisants. À ce jour, les engagements pris lors de cette COP dessinent une trajectoire probable à +2,4 degrés en 2100, sans certitude sur leur atteinte tant les moyens mobilisés aujourd’hui sont insuffisants.

Des objectifs trop lointains, un manque d’engagement de la part des pays riches et grands pollueurs, une solidarité Nord-Sud insuffisante, une réduction de l’ambition du texte en dernière minute… D’après Greenpeace, cette COP26 représente “un petit pas pour les négociateurs et un rendez-vous raté pour l’humanité”.

Et ce n’est pas tout ! D’après une étude réalisée par Greenly, le bilan carbone de cette COP26 représente 87 741 tonnes d’équivalent CO2, soit l’empreinte carbone annuelle de près de 8000 Français !

97% de ces émissions sont liées à l’aviation et en particulier aux 400 jets privés empruntés par des dirigeant.e.s personnalités pour se rendre à Glasgow…

Et ensuite ?

Les pays viendront présenter leur NDC lors de la prochaine COP, en 2022.

Néanmoins, on ne peut pas tout attendre des COP, c’est aussi aux gouvernements nationaux d’avancer concrètement sur l’action climatique et la transition écologique dans leurs pays pour ensuite porter ses avancées sur la scène mondiale. D’où l’intérêt que Déclic continue ses actions auprès des décideur.euse.s français.e.s et européen.ne.s, qui se doivent d’être exemplaires !

A noter, pour la première fois dans une COP, la France, et l’Union européenne, ont paru perdre le leadership de la gouvernance climatique internationale, alors que les Etats-Unis ont voulu revenir au premier plan de la scène climatique internationale au même titre que la Chine avec une déclaration commune dont la concrétisation sera scrutée avec attention.

Les prochains RDV climat : 

  • COP15 pour la biodiversité en janvier en Suisse puis en avril en Chine
  • Publication 2 rapports du Giec en février et mars 2022
  • COP27 en Égypte : novembre 2022

L’Académie du Climat ouvre ses portes !

En décembre dernier, Déclic rencontrait Anne Hidalgo aux côtés de 19 autres organisations de jeunesse engagée. L’objectif ? Co-construire un tiers-lieu participatif et pédagogique sur les enjeux climatiques en plein cœur de Paris : l’Académie du Climat ! 

Après plusieurs mois de collaboration, nous sommes fier.es de voir ce nouveau lieu d’action collective dédié à la jeunesse ouvrir ses portes, dans l’ancienne mairie du 4ème arrondissement. 

Visite de l'Académie du Climat par les organisations de jeunesse.

L’Académie du Climat, pour quoi et pour qui ?

L’Académie du Climat est une structure d’intelligence collective et d’action consacrée aux défis climatiques. Elle a été pensée avec et pour les associations de jeunesse, les acteurs de la transition écologique et de l’innovation pédagogique.

Pour accompagner les jeunes générations dans leur éducation à l’environnement et au climat, elle souhaite permettre aux jeunes de 9 à 25 ans de se mobiliser pour construire ensemble le monde de demain.

Un lieu innovant de rencontres, d’apprentissage, d’action et de partage ouvert à tous.tes

Côté programmation, l’académie proposera de multiples ressources et outils pour trouver des solutions à la crise environnementale et climatique que nous vivons :

  • Des ateliers, animations et conférences pour mieux comprendre les enjeux de la transition écologique ; 
  • Des modules pour se former au plaidoyer, à l’action collective et développer des compétences pratiques (fabrication et réparation d’objets, mode éthique, surcyclage, etc) ;
  • L’accompagnement de porteurs.ses de projets liés à l’environnement grâce à un incubateur.

En bref, un espace inclusif, vivant et inspirant pour sensibiliser les jeunes générations aux questions environnementales et climatiques en alliant théorie et pratique. Un véritable moteur du changement pour permettre à chacun.e d’agir de façon concrète !

Nous avons hâte de vous parler davantage de nos prochaines actions pour l’Académie du Climat ! Pour en savoir plus sur les prochains rendez-vous, c’est par ici.

Déclic s’engage pour la Méditerranée aux côtés d’Umai

Cet été, Déclic s’est associé à Umai dans le cadre de leur deuxième édition de La Route de l’Océan.

Nous avons réfléchi ensemble à des propositions qui pourraient être mises en place pour mieux protéger le bassin méditerranéen et sa biodiversité. Ces propositions seront ensuite approfondies par le groupe biodiversité de Déclic et présentées aux élus locaux afin de leur montrer que des solutions concrètes existent pour mieux protéger la mer Méditerranée.

Proposition 1 – Mettre en relation les gestionnaires de déchets et les entreprises (et acteurs du territoire) afin qu’ils travaillent ensemble à l’éco-conception de produits réellement recyclables.    

Inclure une clause dans le contrat de délégation de service public dans le cadre de traitement des déchets afin que les industriels à qui ce pouvoir est délégué travaillent avec les entreprises.                                                     

Proposition 2 – Mettre en place des quotas pour limiter l’accès à certains espaces naturels sous pression, pour un tourisme durable.

Déterminer les seuils supportables dans les espaces naturels et limiter l’accès durant certaines périodes, par des systèmes de réservation ou tickets, péages, diminution des places de parkings dans les parcs naturels, en donnant une prérogatives aux transporteurs maritimes et infrastructures de tourismes pour faire respecter ces quotas.   

Proposition 3 – Vers une pêche sélective respectant les saisonnalités et les cycles de vie des poissons.            

Sélectionner des périodes et des zones de pêche afin d’éviter les lieux et périodes de reproduction des espèces. Autoriser exclusivement les filets de pêche sélectifs qui s’ouvrent pour laisser partir les tortues et mammifères marins afin d’éviter la mortalité par capture accidentelle. Sensibiliser les consommateurs sur quels poissons manger selon les saisons et quels sont les poissons surexploités particulièrement dans les espaces publics et lieux de restauration collective.  

Proposition 4 – Délimiter une trame bleue marine de passage des grands cétacés et des zones de nurserie pour en faire des espaces protégés, où le trafic maritime serait amoindri.

Réduire la mortalité par collision et accidents des cétacés et favoriser la recherche et la mise en oeuvre de nouvelles technologies (à l’image des systèmes REPCET** de partage de position des grands cétacés, qui favorise la coopération et la transmission des informations entre navires).

**système de partage de position des grands cétacés                  

Proposition 5 – Développer d’autres solutions de mouillages respectueux des fonds marins.

Généraliser les bouées de mouillages non seulement à tous les herbiers de posidonies mais aussi à tous les espaces naturels sensibles.

Proposition 6 – Développer un projet de Fresque pour la Méditerranée. 

À l’image de la fresque pour le climat, afin d’informer les entreprises, démocratiser les sciences participatives et sensibiliser sur les richesses écologiques marines et côtières de la Méditerranée et des ces grands enjeux.    

Nous avons hâte de lire ce que vous pensez de nos propositions, cela ne prend que 3 minutes et ça se passe par ici

PAC 2021 : pour un Plan Stratégique National imPACtant !

Alors qu’une nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) est en cours de négociation, Déclic souhaite rehausser son ambition écologique. Pour cela, nous avons rédigé un cahier de propositions innovantes et concrètes pour adapter notre modèle agricole et alimentaire aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui et de demain.

PAC et PSN, késako ?

La PAC est la politique agricole commune aux 28 États membres de l’Union Européenne. Le budget alloué à cette politique correspond à environ 35% du budget européen (45% si on englobe le Développement rural) ce qui en fait le premier budget européen à hauteur d’environ 9 milliards d’euros par an pour la France. Elle est revisitée tous les 7 ans et en cette année 2021, une nouvelle PAC est en cours de négociation.

La nouveauté de cette PAC : chaque État membre de l’UE doit présenter un Plan Stratégique National (PSN) à la Commission européenne. Il permet à chaque État d’exposer la manière dont ils proposent d’atteindre les objectifs généraux de la PAC en s’adaptant aux caractéristiques et aux besoins spécifiques de leurs propres systèmes agricoles.

Les limites des précédentes PAC ont été soulignées par de nombreux acteurs, allant des syndicats agricoles aux associations environnementales. Afin de redéfinir les contours du plus grand poste budgétaire européen, l’association Déclic présente des propositions concrètes pour un modèle agricole et alimentaire plus résilient, qualitatif, respectueux de l’environnement et de notre santé.

AXE 1 : Mettre en conformité le PSN de la PAC avec la SNBC

CONSTAT

La cohérence des politiques publiques est un enjeu majeur de son efficacité et de sa maîtrise. Or certaines stratégies nationales affichent des objectifs divergents et de nombreuses contradictions. À titre d’exemple, malgré l’investissement public dans une Stratégie Nationale de Bas Carbone (SNBC), les remboursements de carburants pétroliers pour les travaux agricoles et forestiers sont 23 fois plus importants que les sommes dédiées au crédit d’impôt bio au sein de la PAC. De même, la PAC prévoit l’indemnisation des exploitations ayant perdu leurs récoltes suite au gel du printemps 2021 sans engager d’adaptations massives au dérèglement climatique (les sommes dédiées au remboursement des calamités sont 40% plus élevées que le crédit d’impôt bio).

NOS SOLUTIONS

Pour une sécurité et souveraineté alimentaire, nous souhaitons donc une mise en cohérence entre la Stratégie Nationale de Bas Carbone et le PSN de la PAC. Pour cela, il semble fondamental d’instaurer un système d’évaluation et de suivi qui devra être effectué en toute transparence pour mesurer l’efficacité des mesures environnementales mises en place.

AXE 2 : Relever l’ambition environnementale des éco-régimes

L’éco-régime est une nouvelle mesure environnementale qui représente 25 à 30% du budget du premier pilier de la PAC. C’est une aide au revenu censée rémunérer la “mise en œuvre de pratiques et systèmes plus favorables à l’environnement et au climat”, elle a donc pour but de favoriser une transition vers l’agroécologie.

CONSTAT

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation envisage d’ouvrir l’accès à l’écorégime aux exploitations agricoles via la certification Haute Valeur Environnementale (HVE) et de baisser les aides pour la filière bio. Or cette certification HVE n’offre pas suffisamment de garanties environnementales pour avoir un réel impact (contrairement au bio). En effet, 70% des agriculteurs pourraient aujourd’hui bénéficier de ce statut HVE sans aucun changement ce qui met en évidence un niveau d’exigence très bas. De plus, le label favorise certaines filières qui n’ont aucune nécessité de changer leurs pratiques pour prétendre au label (exploitations viticoles et maraîchères). Les arbitrages du Ministère trahissent donc complètement l’esprit dans lequel l’éco-régime a été pensé au niveau européen et révèlent le manque d’ambition du Plan Stratégique National sur le sujet. Enfin, ce label exclusivement français pourrait mettre en péril la compétitivité des agriculteurs français au niveau européen.

NOS SOLUTIONS

Nous proposons d’abandonner purement et simplement la voie d’accès aux éco-régimes par certification HVE pour la certification biologique, qui est à la fois une certification européenne et robuste du point de vue environnemental. Une voie d’accès via la certification HVE pourra toutefois être envisagée dans une future réforme de la PAC sous réserve d’une révision en profondeur du cahier des charges de la certification : critères et indicateurs plus ambitieux pour tous les types de filières au niveau européen.

Une partie de l’enveloppe des éco-régimes doit être consacrée au développement des infrastructures agro-écologiques (IAE). Ce sont des habitats semi-naturels situés à proximité des parcelles cultivées (bosquets, arbres, haies, mares, etc…) qui sont essentiels à la biodiversité. Ils contribuent aussi au stockage de carbone, de l’azote et lutte contre l’érosion.

CONSTAT

En dépit de leurs nombreux bénéfices, le statut actuel des IAE ne poussent que peu les agriculteurs à envisager l’augmentation de leur proportion. En effet, les aides qui y sont consacrées sont en réalité de faibles compléments financiers « bonus » dans la plupart des cas.

NOS SOLUTIONS

Nous considérons qu’il est nécessaire de faire des IAE une voie d’accès aux écorégimes à part entière et de la rendre cumulable aux deux autres voies, afin que les agriculteurs y aient largement recours. Le paiement des éco-régimes consacré aux IAE ne doit pas seulement constituer un “bonus” pour les exploitations.

Nos autres propositions impliquent de :

  • Consacrer 30% du budget des éco-régimes aux IAE et fixer les aides par des paliers progressifs pour inciter les agriculteurs à intégrer la démarche.
  • Effectuer une refonte des coefficients de leur calcul en mettant en place un paiement en fonction de la qualité des IAE via le « Label Haie ».

AXE 3 : Faciliter l’accès des PAT aux financements de la PAC

Les PAT (Projets Alimentaires Territoriaux) ont pour objectif de créer une synergie entre les acteurs publics et privés de l’alimentation sur un territoire donné. Ils jouent ainsi un rôle déterminant pour accroître la résilience alimentaire des territoires et la re-territorialisation de l’alimentation dans le but de proposer une alimentation plus durable, locale, saine et accessible à tous. Aujourd’hui, ils sont pour la plupart encadrés de manière relativement souple et reposant sur un principe volontariste.

CONSTAT

Dans le cadre des PAT, les aides de la PAC sont allouées à un nombre trop réduit d’acteurs économiques (et de manière arbitraire en fonction des régions et des élus pour les aides non-surfaciques). Ainsi, même s’il existe de nombreuses sources de financements publics et privés, ces aides restent trop peu connectées aux démarches collectives locales favorisant le développement de ces projets et sont inadaptées aux besoins de coordination et d’animation du projet global – des fonctions pourtant indispensables à sa mise en œuvre et sa réussite. De plus, l’une des principales difficultés que rencontre les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) est d’arriver à inclure dans leurs dynamiques les “grands” opérateurs économiques de collecte, transformation et distribution qui sont souvent inclus dans des chaînes de filières longues, non ancrées sur le territoire et qui favorisent un modèle d’agriculture intensive dans le cadre d’une économie libérale mondialisée.

NOS SOLUTIONS

Face aux problématiques de financement des PAT, il paraît important que certaines aides associées au deuxième pilier de la PAC soient plus facilement et directement fléchées vers les animateurs et coordinateurs de PAT et les porteurs de projets partenaires. En ce sens, nous suggérons donc d’allouer un pourcentage de dépenses obligatoirement dédiées à l’animation de projet pour répondre à ces besoins. Pour une meilleur adéquation avec les nécessités du terrain, il nous semble aussi primordial d’inscrire dans le PSN l’obligation pour chaque région de définir des conditions et critères d’éligibilité équitables et pertinent pour l’octroi de ces aides. Afin d’encourager la coopération entre les différents acteurs d’un même territoire dans un contexte de PAT, nous proposons que les régions puissent obtenir la responsabilité de prescrire une partie (15-20%) des aides destinées à des projets structurants, d’infrastructures logistiques et de gestion. De plus, pour pouvoir aboutir à un résultat positif mesurable, il est nécessaire d’instaurer un système de suivi et de contractualisation entre les partenaires publics et privés d’un même PAT.

Pour aller plus loin…

Les porteurs de projets structurants contribuant à la reterritorialisation des filières ne sont pas uniquement issus des secteurs agricole et alimentaire, mais peuvent aussi émerger de structures de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). Elles constituent des acteurs compétents pour orienter les PAT vers des évolutions innovantes et pour accroître leur inclusion dans les transitions économiques, sociales et environnementales au moyen de partenariats et/ou de coopération transversale.

CONSTAT

Les structures de l’ESS porteuses de projets de développement rural dans les secteurs de l’agriculture et l’alimentation rencontrent pourtant des difficultés à accéder aux aides de la PAC : nécessité d’un savoir technique, administratif et financier (dans le domaine agricole) afin de monter un dossier d’attribution d’aides ainsi que des critères de sélection quantitatif et non qualitatif en inadéquation avec les objectifs de ce type de structures.

NOS SOLUTIONS

Nous pensons nécessaire d’anticiper, prévoir et encadrer l’éligibilité des acteurs de l’ESS aux aides de la PAC et/ou proposer des aides spécifiques. Plus globalement, l’idée est d’accompagner ces structures dans la création de leurs projets alimentaires territoriaux, notamment en facilitant leur accès aux aides. Cela pourrait par exemple être le cas en renforçant la dimension qualitative des critères de sélection des appels à projets destinés à distribuer les subventions.

Pour plus de renseignements :

Un article proposé par Lisa

Loi climat : Déclic se mobilise devant l’Assemblée Nationale

Pendant 3 semaines, Déclic s’est mobilisé devant l’Assemblée Nationale avec d’autres associations et militant.e.s pour interpeller les député.e.s sur le projet de loi «climat et résilience» alors en discussion.

« La plus grande grève de France »

29 mars 2021: L’examen de la loi « climat et résilience » débute à l’Assemblée nationale.

Ce projet de loi qui devait initialement reprendre « sans filtre » les 149 propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat, a finalement été vidé de sa substance suite à l’action de nombreux lobbys industriels. De nombreux experts ont qualifié cette loi comme n’étant pas à la hauteur de l’enjeu climatique.

Déclic, par l’intermédiaire de Lou Garcia, se joint alors à Camille Etienne, Stacy Algrain, Agathe Daniel, Hugo Viel, Mathis Fidaire et Julie Pasquet pour lancer un appel le 29 mars sur les réseaux à tou.te.s les citoyen.ne.s qui souhaitent les rejoindre pour montrer au gouvernement que le lobby citoyen est aussi présent et prêt à entamer « la plus grande grève de l’histoire de France ». L’objectif : se rassembler et montrer aux député.e.s l’importance de la loi pour les citoyen.ne.s et les inviter à échanger de vive voix autour du projet. L’appel est lancé, rendez-vous place Herriot.

Une mobilisation qui prend rapidement

La mobilisation prend tout de suite : pendant trois semaines, de nombreuses personnes répondent à l’appel et se succèdent sur la place Herriot entre 14h et 18h pour apporter leur soutien.

Des étudiant.e.s et jeunes diplômés, essentiellement, rejoignent le lieu de la mobilisation pour quelques minutes ou plusieurs heures selon leurs disponibilités. L’ambiance est très bon enfant et ce rassemblement permet à des inconnu.e.s d’échanger ainsi ensemble autour de la loi climat.

Des député.e.s répondent également à l’appel et se joignent à la mobilisation afin d’échanger avec les jeunes. Ils transmettent leur vision de la loi climat et rapportent en direct les échanges en cours au sein de l’hémicycle.

Des difficultés surmontées

Mais le 7 avril, une semaine après le début de la mobilisation déclarée en préfecture, le préfet de police de Paris décide d’interdire le rassemblement Place Herriot. De nombreux.ses jeunes et député.e.s sont verbalisé.e.s. Loin de se décourager, les jeunes font appel à leur créativité pour poursuivre leur mobilisation. Puisqu’il est encore légalement possible de pratiquer une activité physique en extérieur, un nouvel appel est lancé pour poursuivre la mobilisation en jogging et baskets, à vélo, à pied ou en gainage. C’est gagné, la préfecture de police de Paris lève l’interdiction.

Mais lundi 12 avril, elle prend un arrêté qui interdit pour toute la semaine le rassemblement, invoquant notamment des considérations sanitaires liées à l’épidémie de la Covid-19. Grâce à l’appui de l’ONG  » Notre affaire à tous », l’affaire est portée en urgence devant le tribunal de Paris et le juge leur donne raison. Victoire !

Ainsi, d’un appel lancé sur les réseaux sociaux au tribunal de Paris, ce mouvement a pris de l’ampleur. Déclic a été rejoint jour après jour par de nombreux.ses jeunes mais aussi des député.e.s tels que Matthieu Orphelin, Delphine Batho, Sandrine Le Feur, Guillaume Gontard, Thomas Dossu, Daniel Salmon, Dominique Potier , Jean-Charles Colas-Roy … et des militant.e.s écologistes comme Cyril Dion, Mathilde Imer, etc.

La presse en parle :

Loi Climat : un “double échec écologique et démocratique” (Natura Science)

Les jeunes militants toujours sur le terrain malgré le stop de la préfecture (Reporterre)

Loi Climat : du Sénat à l’Assemblée avec les jeunes militants (Reportage) (Natura Science)

Jeunes et militants, ils défient la préfecture pour défendre l' »urgence climatique » (France 24)

Des militants autorisés à se rassembler près de l’Assemblée (Le Figaro)

Podcast Sur le fil – AFP – podcast du 8/04/2021

Quelques photos souvenirs :